« Excusez-nous pour le McDo !»

Du rap de cortège de tête, marrant, un texte un peu dingue… il y a des productions artisticos culturelles pas mal du tout… 🙂

L’1consolable produit la nouvelle chanson d’un groupe de rap qui compte pas moins de 1200 membres !
paru dans lundimatin#151, le 25 juin 2018
lundimatin {papier}
1 min 25 avr. 17

Le 2 mai 2018, le lendemain du 1er et la veille du 3, j’étais chez moi tranquille en train d’enregistrer comme chaque jour une chanson à la gloire de la police lorsqu’on sonna à ma porte. Lorsque j’ai ouvert, il y avait 1200 personnes qui attendaient de pouvoir entrer. C’était amusant car elles étaient toutes vêtues d’un k-way à cause des risques d’orage ce jour-là. Elles m’ont dit d’une seule voix qu’elles se nommaient Les Casseurs. Au début, j’ai eu un peu peur, mais lorsque j’ai vu qu’elles portaient des lunettes de piscine j’ai finalement décidé de les faire entrer.

Bien que nous étions quelque peu serrés à 1200 dans mes 46m2, elles m’ont expliqué autour d’un jus de citron qu’elles souhaitaient enregistrer une chanson afin de s’expliquer sur leurs agissements de la veille. Elles avaient en effet sans faire exprès cassé un McDo à Austerlitz lors de la manifestation du 1er mai, et tenaient à s’en excuser ainsi qu’à relater les faits dans leur exactitude afin de dissiper tout malentendu. Comme je n’aime pas qu’on casse des choses moi non plus (une fois j’avais cassé mon téléphone et j’étais bien embêté pour envoyer des vidéos de chats rigolottes à mes amis), j’ai jugé important qu’elles puissent s’exprimer à ce sujet et leur ai donc composé une instru sur mesure, sur laquelle elles pourraient ensuite scander le texte qu’elles avaient écrit.

[Nous vous conseillons l’écoute de L’augmentation, un album dont vous êtes le héro, de l’1consolable https://www.laugmentation.com/]

C’est sûr, au début elles n’avaient pas trop le sens du rythme, en plus elles avaient du mal à projeter la voix avec leur masque à gaz (elles m’ont dit qu’elles en portaient toujours un à cause de la pollution à Paris). Mais au bout d’un moment, elles ont commencé à mieux maîtriser le rythme notamment grâce à la chanson « Freed from desire » de Gala que nous avons utilisé comme support pour apprendre les bases. Au bout d’environ 2h de répétition, elles rappaient mieux qu’Eminem lorsqu’il prenait encore des drogues. Je les ai donc enregistrées, et nous avons bien ri.

Je leur ai ensuite proposé de faire un clip, mais elles ne souhaitaient pas être filmées car elles avaient pris quelques kilos dernièrement et craignaient que cela se voie à l’image. C’est dommage, car le clip est un outil promotionnel capital pour tout artiste voulant développer son projet musical et élargir sa fan-base en vue d’un business-plan efficace et d’une maximisation des ventes de titres en streaming. Hélas, elles n’ont rien voulu savoir (sauf le numéro de téléphone de Jean-Luc Mélenchon, mais je ne l’avais pas sur moi).

Elles m’ont dit qu’elles étaient prêtes à tout pour réparer leur maladresse de la veille, et qu’elles envisageaient de faire très prochainement un crowdfunding pour construire un McDo supplémentaire dans chaque arrondissement afin de se racheter. J’ai trouvé appréciable qu’elles soient si enclines à être gentilles quand tant de personnes sont méchantes et font le mal par exemple en faisant subir intentionnellement des violences en réunion à de pauvres vitrines qui n’ont rien demandé à personne. Je trouve cela déplorable, et remercie d’ailleurs vivement la police pour le noble travail de maintien de l’ordre qu’elle effectue au quotidien.

Je leur ai demandé si elles avaient déjà conçu une chanson auparavant, elles m’ont dit que oui, que cela traitait d’épiderme et s’intitulait « Tout le monde déteste la peau lisse », mais que ça n’avait eu hélas que peu de succès, la majorité des gens semblant en effet préférer la peau lisse à la peau rugueuse. En somme, elles s’étaient gourrées de type de peau. C’est trop bête de passer à côté d’une carrière musicale pour si peu, c’est pourquoi elles retentaient leur chance avec ce nouveau morceau, cette fois sobrement intitulé « Excusez-nous ». Je leur ai dit que j’admirais leur démarche (elles avaient une façon de marcher vraiment originale), tandis qu’elles me remerciaient pour mon hospitalité et ma collaboration.

Comme j’avais trop envie de faire pipi à cause du jus de citron partagé plus tôt, c’est donc avec regret que je les congédiais et leur souhaitais bonne chance pour les JO de natation.
Ce fut une belle rencontre, d’autant que les membres du groupe n’ont rien cassé chez moi par inadvertance, et ce malgré leur nombre important et l’espace restreint dont ils disposaient. Voici donc pour vous, en exclusivité mondiale, la chanson que le groupe a enregistrée ce jour-là dans mon home studio, et qu’il a tenue à introduire par ces mots bouleversants : « Cette chanson, nous la dédions sincèrement à toutes les familles des vitrines ».
Excusez-nous

Intro :

Jean-Luc Mélenchon : « Ceci n’est pas une activité révolutionnaire ! Personne ne peut croire qu’en une vitrine de McDo on fait une activité révolutionnaire ! »

Couplet 1 :

Excusez-nous pour le McDo, on n’a pas fait exprès :
vous chantiez « Ca va péter ! », on croyait que c’était vrai !
On s’est dit qu’on testerait la résistance des très
belles vitrines, et pour ce faire on s’est dit qu’on les pèterait,
en plus on était naïfs, on s’était pas dit
finalement qu’il y en aurait que ça embêterait !
Comme leur produits nous effraient, leurs produits nous excèdent,
on s’est tôt dit qu’un jour ils en feraient les frais,
qu’ils regretteraient de nous être très
antipathiques quand ils comprendraient que le 1er mai
on n’est pas venus pour becqueter, mais plutôt pour péter
et les laisser hébétés, que c’est ce qu’on aimait,
qu’on trouvait frais que nos méfaits les effraient
et les frais qu’ils devraient payer nous amusent il est vrai,
après les faits nous on était refaits,
vous sur BFM déploriez nos excès !
[Wouh !] C’est vrai que c’est fou
à quel point les faux tout le monde sait que c’est vous,
à quel point de vous tout vrai re-frè se fout,
pour vous vouer de la haine on se dévoue,
on est au rendez-vous chaque fois,
chaque manif on fout le dawa
pour que ça vaille le coup, ma foi,
car vous êtes tout mous, ça se voit
à vos slogans usés nous laissant médusés,
vus et revus, c’est qu’ils ont leur place au musée,
nous lassant, et tu sais que sans vouloir abuser
on va devoir s’amuser : dégagez-nous la voie !
Vous êtes au bout du rouleau, retournez plutôt au boulot,
vous n’avez rien dans le ciboulot, donc épargnez-vous la voix,
arrêtez de vous entêter à répéter vos chants pétés
en hiver comme en été, vous êtes aussi morts qu’Oussama !

Pré-refrain :

Au délégué de la CGT, à Jean-Luc Mélenchon,
à Jean-Pierre Mercier, Emmanuel Macron,
à Benoît Hamon, tout ce tas de gros cons
qui en gros ont pris le parti des patrons,
des McDos et des banques, nous font l’affront
d’aider les condés à nous serrer, nous font la leçon,
Martinez omet hélas qu’on est de grands garçons,
craint qu’on s’empare de son jouet, qu’il perde un pacson !

Refrain :

Laissez-nous passer,
nous on voudrait tout casser,
tout, quitte à vous froisser [BOUH !]
et à se faire nasser après-coup,
ça c’est, d’après vous, assez
pour seconder les condés les aider à nous tabasser ! [HOU !]

Laissez-nous passer,
nous on voudrait tout casser,
tout, quitte à vous froisser,
pour le coup on pourra se passer de vous,
quand toute trace de la casse aura été effacée,
vous chanterez « Ca va péter ! », c’est pour ça qu’on en a après vous !

Couplet 2 :

Excusez-nous pour le McDo, on le trouvait pas beau,
on voulait le redécorer, améliorer le tableau,
c’était pas de pot, on n’avait pas d’escabeau,
on a hélas bossé avec pierres et marteaux,
on a fait avec ce qu’on avait là, gros,
on savait pas que ça énerverait la police,
hélas on l’a soulée, au sujet de l’art nos
goûts sont différents et pour qu’ils apprécient c’est pas propice !
C’est là le problème ! Un, deux, trois, ho hisse ! Et le McDo cède,
la foule complice, nous acclame [Oôôôh !], aime,
et ça la police n’aime pas : ça l’obsède,
qu’il y ait des gens dans les manifs qui ne soient pas soce-dems,
qui s’il s’agit d’être passifs ne comprennent pas trop le thème,
ne sont pas trop faibles comme vous, pas trop zen,
ont moins d’embonpoint que vous au niveau de l’abdomen,
ont de la hargne, gros, viennent réagir,
pas dire des mots à tire-larigot sans jamais agir,
défiler en gueulant, je voudrias pas dire
mais il faudra mieux pour décloisonner l’avenir !
Le tableau n’est donc pas assez sombre pour foncer le noircir ?
Y’a des S.O de CGT/FO, faut se les farcir !
Quand je les vois venir, j’ai envie soit de rire,
soit de tirer dans le tas, qu’ils puissent mourir en martyrs !
Estimez-vous chanceux qu’on tolère pourtant ces gens, ceux qu’on
voit peu combattre, je constate que les ex-soixante-huitards sont devenus des vieux cons !
Une chance qu’on brise des vitrines, pas de gueules,
qu’y priment joie et fun, qu’on n’élève pas le ton,
qu’on amène des lunettes de piscine, pas des guns,
pas de victime car des jeunes voudraient, hélas peut-on ?

Pré-refrain :

Au délégué de la CGT, à Jean-Luc Mélenchon,
à Jean-Pierre Mercier, Emmanuel Macron,
à Benoît Hamon, tout ce tas de gros cons
qui en gros ont pris le parti des patrons,
des McDos et des banques, nous font l’affront
d’aider les condés à nous serrer, nous font la leçon,
Martinez omet hélas qu’on est de grands garçons,
craint qu’on s’empare de son jouet, qu’il perde un pacson !

Refrain :

Laissez-nous passer,
nous on voudrait tout casser,
tout, quitte à vous froisser [BOUH !]
et à se faire nasser après-coup,
ça c’est, d’après vous, assez
pour seconder les condés les aider à nous tabasser ! [HOU !]

Laissez-nous passer,
nous on voudrait tout casser,
tout, quitte à vous froisser,
pour le coup on pourra se passer de vous,
quand toute trace de la casse aura été effacée,
vous chanterez « Ca va péter ! », c’est pour ça qu’on en a après vous !

Couplet 3 :

Excusez-nous pour le McDo, on l’avait pas vu,
il a surgi de nulle part d’un côté de la rue,
on a dû tous perdre l’équilibre et, vois-tu,
se rattraper sur les vitrines, hélas on aurait pas dû :
les vitrines cédèrent, laissèrent passer de l’air,
le clients eurent froid, c’est clair, faire pire on aurait pas pu !
Des mecs mirent, pour les réchauffer, le feu, mais les pompiers l’éteignirent,
j’ai ouï dire que ça n’aurait pas plu !
Nous, on pensait bien faire, faire du lien, frère,
en le disant je suis sincère, vos commentaires m’éreintèrent !
Vous entendre intervenir à France Inter, et pas un se taire, relève donc de l’abus !
Vos bouches sont des sphincters d’où ne sortent que d’interminables merdes comme pour Badinter,
certes on a commis des impairs, mais on fera sans la leçon d’un père -d’autant qu’il ne s’est pas vu- !

Pré-refrain :

Au délégué de la CGT, à Jean-Luc Mélenchon,
à Jean-Pierre Mercier, Emmanuel Macron,
à Benoît Hamon, tout ce tas de gros cons
qui en gros ont pris le parti des patrons,
des McDos et des banques, nous font l’affront
d’aider les condés à nous serrer, nous font la leçon,
Martinez omet hélas qu’on est de grands garçons,
craint qu’on s’empare de son jouet, qu’il perde un pacson !

Refrain :

Laissez-nous passer,
nous on voudrait tout casser,
tout, quitte à vous froisser [BOUH !]
et à se faire nasser après-coup,
ça c’est, d’après vous, assez
pour seconder les condés les aider à nous tabasser ! [HOU !]

Laissez-nous passer,
nous on voudrait tout casser,
tout, quitte à vous froisser,
pour le coup on pourra se passer de vous,
quand toute trace de la casse aura été effacée,
vous chanterez « Ca v

 

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